© Julien Chiclet
CRÉATION 2019
Conte initiatique contemporain et obsessionnel, cette histoire nous rappelle la puissance des sentiments de l’enfance et de la lutte farouche du désir contre la peur et l’interdit.
On suit, instant par instant, les pensées de Lene, petite fille qui profite de l’absence de sa mère pour réaliser ce qu’elle projette de faire depuis longtemps et qui lui est formellement interdit : descendre à la cave, là où il fait noir et humide et où il y a des choses noires et humides qu’elle ne connaît pas. Pour ce faire, elle devra surmonter sa peur, braver les interdits, dérober la lampe de poche de son frère Asle et descendre à la cave…
Une plongée immersive et sensorielle dans le monde de l’enfance.
Le spectacle est une forme théâtrale, visuelle et musicale que construisent et dans laquelle évoluent le musicien, la vidéaste-plasticienne et la comédienne.
Tous trois, en lien permanent les uns avec les autres, nous plongent dans un voyage sensoriel et délicat où nous sommes invités à laisser résonner nos propres souvenirs d’enfance et à en ressentir à nouveau la force extrême.
La musique jouée en direct est essentiellement analogique, faite de nappes de synthétiseurs et de rythmes électroniques, un écrin de douceur pour les mots et les images.
Les animations en noir et blanc représentent les objets quotidiens qui jalonnent cette odyssée : porte, couloir, lampe torche, escalier, canapé, bottes, fenêtre, etc.
Les objets animés sont projetés dans l’espace de jeu pour créer une réalité douce, sensible et étrange où la représentation du monde physique se tort. Faite de glissements et de transformations lentes ou saccadées, la succession de ces images quotidiennes qui s’incrustent dans nos rétines crée une ambiance oscillant entre onirisme et réel.
Les sculptures en papiers, fragiles échos des images dessinées, représentent ces mêmes objets et définissent l’espace scénique. Elles apparaissent et disparaissent, s’éclairant puis retournant à l’ombre.
La comédienne porte le récit de cette histoire écrite à la troisième personne. Elle nous accompagne pas à pas, émotion après émotion, dans ce chemin qui mène vers l’inconnu et l’interdit. Ecrit dans une langue méticuleuse et répétitive, le texte nous immerge dans les pensées de Lene, dans une épopée initiatique, au plus près de ses émotions, de ses peurs et de ses désirs.
EXTRAIT
« Lene est assise sur le canapé dans le séjour au premier étage, et elle pense qu’aujourd’hui elle aurait bien voulu descendre toute seule à la cave. Bien sûr elle est souvent allée à la cave, avec sa mère ou son père ou son frère Asle, mais jamais elle n’est descendue à la cave toute seule, ça elle n’a jamais osé, car à la cave il fait noir et humide et il y a des odeurs noires et humides. Et aujourd’hui, se dit Lene, elle aurait bien voulu descendre toute seule à la cave. »
EXTRAITS DE PRESSE
« Un très grand moment de poésie pure, où la plastique des compositions de la vidéaste-sculptrice Pauline Léonet se fondant dans l’univers sonore créé par Vincent Hours vient épouser le jeu épuré de Camille Carraz, interprète semblant faite pour ce rôle au point où l’on imagine mal autre qu’elle pour «rendre conte» (sic) de l’innocence de cette petite fille habitée par le désir. Frédéric Garbe, le mentor resté dans l’ombre de cette belle entreprise collective, n’a décidément pas choisi au hasard le nom de sa compagnie, lui qui fait si bien entendre «l’autre scène» sur le plateau de ses créations. »
Yves Kafka, La Revue du spectacle
« Camille Carraz est éblouissante dans ce spectacle de Jon Fosse écrit pour le jeune public, et mis en scène par Frédéric Garbe. Ses gestes, le trouble dans sa voix, ses peurs surmontées sont celles de l’enfance, pas la mièvre mais la forcenée, la désirante. Elle descendra à la cave, noire et humide, pour connaître, transgresser, s’affranchir… Les dialogues de Jon Fosse avec leurs incises narratives, les sculptures et vidéos de Pauline Léonet, blanches dans le noir, la musique de Vincent Hours, qui tisse des épaisseurs sonores qui inquiètent puis rassurent et inquiètent encore… tout concourt à la beauté formelle d’un spectacle
à mettre dans toutes les mains, des plus jeunes aux plus vieux qui y retrouveront leur enfance inavouée. »
Agnès Freschel, Zibeline
« C’est un bijou, comme sait en offrir le metteur en scène toulonnais Frédéric Garbe.
Au plateau, dans un écrin noir, le compositeur Vincent Hours, la vidéaste-scénographe Pauline Léonet et une comédienne. Seuls sont éclairés le visage et les mains.
Mais cette distance assumée n’empêche pas Camille Carraz, dirigée avec une minutie d’orfèvre, de faire passer, entre non-dits et sous-dits, les pensées et émotions de l’enfant, son immense détermination à avancer dans la vie.
Variations de la voix, visage et mains frémissants, regards-public, présence intense de la comédienne, nappes musicales, dessins mobiles et objets oniriques d’une transparence glacée, nous emballent dans une envoûtante aventure sensorielle ! »
DCZ, La Provence